vendredi 27 avril 2018

Le neurofascisme : dérive possible de la neuroergonomie et des neurosciences

La neuroergonomie (science qui vise à "saisir" la connaissance de manière ergonomique) a le vent en poupe. L'éducation n'est pas en reste plus qu'on parle de plus en plus de neuroéducation, de neuropédagogie... Mais qu'en est-il des dérives possibles des neurosciences ?

Le neurofascisme selon Idriss Aberkane

Dans son livre, "Libérez votre cerveau", le scientifique Idriss Aberkane consacre un sous-chapitre entier à ce qu'il appelle le neurofascisme. Selon le chercheur : "la spiritualité doit toujours accompagner la science, et non la combattre. Lorsqu’elles s’opposent, c’est pour le pire, l’Histoire nous l’a souvent montré : les neuropsychiatres du passé n’ont pas hésité à lobotomiser des patients de force, de même que certains généticiens versèrent dans l’eugénisme et avalisèrent des campagnes de stérilisation forcée à des fins d’« hygiène sociale » ; sans compter les savants arrogants qui défendirent la pseudoscience coloniale de la physiognomonie, comme aujourd’hui d’autres savants arrogants défendent la pseudoscience de la bibliométrie. Ces gens-là étaient certainement brillants pour leur époque, mais ils étaient fats et inhumains." Comme nous l'avons vu avec l'exemple de John Nash : génie schizophrène qui a subi l'immonde et inefficace cure de Sakel utilisée entre les années 1930 et 1960 comme traitement de choc pour les schizophrènes.

L'évolution du traitement des schizophrènes

Heureusement, de nos jours, ces patients sont traités plus humainement par des neuroleptiques (traitement agissant sur la dopamine, le neurotransmetteur de l'apprentissage notamment qui est en excès chez les schizophrènes) accompagnés de remédiation cognitive. Et il y a même des applications (perfectibles car peu ludiques) qui ont été développées comme BrainHQ(en français). Des efforts de ludification sont entrepris pour les améliorer en se basant sur les jeux vidéos. Car contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, les jeux vidéo ne nous rendent pas idiots, bien au contraire ! On peut apprendre par les jeux vidéo et développer son cerveau grâce au jeu ! C'est tout l'objet de la ludicisation (concept plus large et moins marketing-friendly que la ludification). Mais revenons au neurofascisme à la lumière de ce qu'en dit Idriss Aberkane...

Neuronaissance ou neurofascisme ?

Selon Idriss Aberkane : "deux tendances s’imposent à nous, et nous avons désormais le choix entre une neuronaissance et un neurofascisme. Je ne crois pas être alarmiste en le signifiant ainsi, car le neurofascisme, en l’occurrence, relève d’un phénomène historique pérenne : celui de la prostitution scientifique. Souvenons-nous que les plus atroces expériences biomédicales sur humains ont été pratiquées la plupart du temps avec la complicité de médecins et de scientifiques reconnus par leurs États et leurs pairs. Or, dit le proverbe soufi, « le pire des sages est visiteur de princes, mais le meilleur des princes est visiteur de sages », et c’est au pouvoir de s’incliner devant la sagesse, pas l’inverse." Voyons dans les prochains mois comment vont s'en saisir les pouvoirs publics. Il y a déjà eu le rapport Villani sur l'intelligence artificielle qui a posé les premiers jalons de ce que pourrait être notre future société à l'ère de la robotisation. Il y a eu également l'instauration des neurosciences à l'Ecole. Espérons que le vent tourne plutôt du côté de la neuronaissance que du neurofascisme...

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Arnaud Druot

Auteur et éditeur

Arnaud Druot est le fondateur de Viralbooster. Spécialiste de la gamification(ludification), Arnaud est également rédacteur web.

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