jeudi 14 décembre 2017

Philo : que peut nous apprendre Gandalf sur la complexité ?

Gandalf le gris est un personnage central du Seigneur des Anneaux. Mais que peut nous apprendre ce puissant magicien sur la complexité ? 

Gandalf : un pèlerin à la personnalité complexe...


Interprété par l'excellent acteur Ian McKellen, Gandalf est un personnage complexe de par son attitude et ses accomplissements. Dans Le Seigneur des anneaux, Gandalf n'est ni optimiste ni pessimiste : il a une part de rationalité qui vient équilibrer son irrationalité de magicien. Il ne veut pas l'anneau de pouvoir, et il estime qu'il ne doit pas revenir non plus à Bilbon car celui-ci n'est pas assez détaché du pouvoir bien qu'il s'agisse d'un bon personnage. L'anneau doit donc revenir à Frodon, jeune hobbit insouciant qui doit porter l'Anneau unique jusqu'au Mont Destin afin de le détruire.... Le pessimisme est souvent de mise chez les individus car le cerveau a tendance à se remémorer et à ruminer les pensées négatives. A l'inverse, un optimisme béât est dangereux car il lui manque une certaine part de rationalité, d'objectivité. La "complexité" n'est pas "compliquée". Ce qui est compliqué n'est pas forcément complexe. Et ce qui est complexe n'est pas forcément compliqué. La complexité décrite par le sociologue et philosophe Edgar Morin est un dépassement de la binarité et du manichéisme, un dépassement du bien et du mal. La complexité, c'est ce qui relie, "ce qui est tissé ensemble". Ce qui crée un réseau de connaissances parfois contradictoires mais surtout complémentaires. Il faut essayer de voir de la complémentarité là où certains seraient tentés de ne voir que de la contradiction pure. 

Regardez la vidéo de Bilbon et Gandalf : 25 pts !


Dans cette vidéo, on se rend compte que même le très vertueux Gandalf est attiré presque irrésistiblement par l'anneau de pouvoir. C'est là toute la complexité de Gandalf que l'on peut généraliser à l'être humain. L'être humain n'est pas qu'Homo Sapiens, (l'homme qui sait), il est aussi Homo Faber (l'homme qui fabrique) et Homo Ludens (l'homme qui joue) décrit par l'historien néerlandais Johan Huizinga. Gandalf est aussi un pèlerin et à ce titre il est aussi Homo Viator (l'homme en chemin). Par ailleurs, l'Homo Œconomicus (l'homme rationnel) décrit par les économistes libéraux doit être équilibré par l'Homo Demens (l'homme irrationnel) qui confond parfois le réel avec la fiction, l'imaginaire mais au profit d'une plus grande créativité. Gandalf prend des décisions rationnelles mais aussi irrationnelles, il a la connaissance, il fabrique, il joue, c'est un bon vivant qui est en même temps parfois un peu ascète... C'est un homme de réflexion avant tout mais qui n'hésite pas à entrer en action quand cela est nécessaire comme quand il doit affronter le Balrog : une puissante créature démoniaque... 

La vidéo de Gandalf contre le Balrog : + 25 pts ! 


 "Vous ne passerez pas !" s'écrit Gandalf. En réalité, cet affrontement, cette lutte extérieure entre le Bien et le Mal est ce qui se déroule entre chaque être humain. C'est une symbolisation de la complexité de l'Homme qui doit lutter contre ses propres penchants négatifs. Et comme nous le voyons la lutte peut-être destructrice. Mais Gandalf a de la ressource ! Certains se demanderont pourquoi écrire un article sur Gandalf et la complexité ? Il s'agit d'une manière ludique d'aborder un concept philosophique à travers notamment la vidéo comme support pour l'apprentissage. La ludification (ou pour être plus précis ludicisation) c'est justement l'utilisation des principes du jeu dans une situation qui n'est pas forcément celle du jeu, en l’occurrence la philosophie. Car même la philosophie peut-être ludique, en tous cas, c'est le pari que nous prenons...

Arnaud Druot

Auteur et éditeur

Arnaud Druot est le fondateur de Viralbooster. Spécialiste de la gamification(ludification), Arnaud est également rédacteur web.

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